Des Effraies des clochers au Québec

 

En novembre 2015, Alexandre Anctil et Hilde Marie Johansen remarquent un oiseau mort sur le  bord d’une route près de Chibougamau. Ils font demi-tour pour le récupérer et à leur grande surprise, il s’agit d’une Effraie des clochers. La dépouille est déclarée comme il se doit aux agents de protection de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. L’oiseau est finalement acheminé à la Clinique des oiseaux de proie pour expertise.

Le 5 janvier 2017, Hélène Chevalier, Pierre Fillion et Yves Dugré signalent leur observation sur la page des oiseaux rares du Québec du site internet du Regroupement QuébecOiseaux. Une Effraie des clochers est trouvée dans un poulailler et remise à l’extérieur par la propriétaire à Saint-Jean-des-Piles. Trouvée morte un peu plus tard, elle est déclarée aux agents de protection de la faune de Shawinigan pour être acheminée à la Clinique des oiseaux de proie.

Photo : Hélène Chevalier, Pierre Fillion et Yves Dugré

Une analyse de laboratoire effectuée sur un prélèvement de muscle a permis de déterminer qu’il s’agissait d’une femelle et d’un mâle de la sous-espèce nord-américaine de l’Effraie des clochers. Ne trouvant pas de bague à la patte ni de micropuce à la radiographie, tout porte à croire que nous faisions face à des individus sauvages et non élevés en captivité. D’après le plumage sans mue, nous avons estimé que les deux individus étaient des juvéniles âgés de moins d’un an. On suspecte que ces oiseaux s’étaient égarés (en provenance du nord-est des États-Unis) suite à une tempête ou à une perturbation météorologique.

La femelle trouvée à Chibougamau (ci-dessus) présentait une plaie sévère à l’aile droite sans toutefois avoir de fractures.

Le mâle trouvé à Saint-Jean-des-Piles (ci-dessus) était très maigre. Il est probablement mort de cachexie et d’hypothermie.

Le seul autre cas d’effraie sauvage admis à la Clinique des oiseaux de proie remonte à décembre 2007 alors que l’oiseau avait été trouvé mort dans une grange à Saint-Mathias-sur-Richelieu. Il s’agissait d’un mâle adulte mort émacié. Cette espèce est observée de temps à autre au Québec, mais nous sommes à la limite nordique de sa distribution et elle est plutôt exceptionnelle. Peut-être qu’avec le réchauffement climatique, aurons-nous la chance de la voir de plus en plus dans le sud de la province. Il est intéressant de noter que l’Effraie des clochers fait partie de la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec. Si vous en observez, n’hésitez pas à nous en faire part ou à le signaler au Regroupement QuébecOiseaux.