L’anémie infectieuse équine (AIE)

Par Dre Sarah Poitras-Wright, clinicienne au Service ambulatoire équin

 

L’anémie infectieuse équine est un virus qui touche les équidés (cheval, âne, mule). Il est propagé principalement par les insectes piqueurs ayant la capacité buccale de transmettre le virus d’un cheval contaminé à un cheval sain, c’est-à-dire les mouches à cheval, mouches à chevreuil et mouches d’écurie. L’autre mode de transmission possible est un contact sang à sang entre deux chevaux, soit par des instruments contaminés, ou des aiguilles utilisées pour plus d’un animal par exemple. Il va sans dire qu’au Québec, la période à risque est l’été. Que ce soit à l’extérieur ou dans les écuries, les mouches qui piquent sont très nombreuses durant l’été.

Certains animaux peuvent être porteurs asymptomatiques de la maladie durant des mois, voire des années. Ils ne présentent aucun signe clinique, mais sont une source de contamination pour les autres chevaux. Il s’agit bien là de l’aspect pernicieux de cette maladie pour l’industrie équine, car on ne se méfie pas du tout du cheval porteur asymptomatique, on le transporte d’une écurie à l’autre puis on l’inscrit à des concours plusieurs fois durant l’été, moment durant lequel il peut transmettre la maladie à d’autres chevaux par les mouches d’écurie, à chevreuil ou de cheval. La seule façon de détecter les porteurs asymptomatiques est d’effectuer une prise de sang communément appelée le test Coggins.

L’anémie infectieuse équine provoque des signes variés tels que de l’ incoordination, de la fièvre, de la faiblesse, de la perte de condition, de l’œdème des membres, des pétéchies sous la langue et la mort. Il n’existe aucun traitement médical ni aucun vaccin pour traiter l’anémie infectieuse équine. Pour ces raisons, l’anémie infectieuse équine est une maladie à déclaration obligatoire, ce qui signifie qu’une fois qu’un animal est détecté positif, le laboratoire prévient automatiquement l’Agence canadienne d’inspection des aliments qui poursuivra les démarches comme il se doit selon le cas. Le cheval suspecté positif doit être testé une seconde fois et différentes analyses sont effectuées sur les deux échantillons. Les animaux en contact avec le cheval positif doivent être mis en quarantaine et confirmés négatifs jusqu’à 45 jours après leur dernier contact avec le cheval positif. Une enquête officielle est conduite afin de retracer les chevaux en contact avec le cheval positif dans les derniers 30 jours et les inclure dans la quarantaine et le dépistage. Lorsque possible, les propriétaires des chevaux antérieurement en contact avec le cheval positif seront prévenus afin qu’ils fassent aussi tester leurs chevaux. Pour le cheval confirmé positif, il n’existe que deux solutions; soit la quarantaine à vie, isolé d’autres équidés, ou l’euthanasie.

Quelle est la meilleure façon de protéger vos chevaux contre l’anémie infectieuse équine?

Faire le test Coggins de tous les chevaux qui entrent dans une écurie et tous les chevaux participant à un regroupement de chevaux (compétition, course, rencontre amicale, etc.) est le meilleur moyen de protéger votre cheval contre l’anémie infectieuse équine. De plus, assurez-vous que les chevaux où votre cheval se rend sont également testés.

Comment s’assurer qu’un cheval est testé? Chaque résultat de test Coggins comprend un document papier avec le descriptif de l’animal. Ceci est la preuve qu’il s’agit du bon cheval, avec la date du test. Les propriétaires de nombreuses écuries demandent un test Coggins annuel de tous les chevaux. Plusieurs associations exigent aussi un test Coggins récent avec une preuve. Toutes les associations équestres devraient en prendre exemple. En effet, puisque la maladie se transmet principalement en été et que la majorité des regroupements se déroulent durant l’été, il serait inquiétant de savoir que votre cheval passe plusieurs fins de semaine sur un site dont plusieurs chevaux ne sont pas testés.

À quelle fréquence devriez-vous faire tester votre cheval?

La plupart des associations requièrent un test Coggins de l’année en cours. Pour transporter un cheval aux États-Unis, le test Coggins doit dater de moins de six mois. Il faut comprendre que le cheval peut être contaminé immédiatement après son test, d’où l’importance de vous assurer qu’à l’endroit où vous amenez votre cheval, les chevaux ont tous un test Coggins négatif afin de minimiser les risques de contamination.

Prévention

Une lutte contre les mouches d’écurie, à chevreuil et à cheval est aussi une façon de minimiser les risques de contamination. La bonne nouvelle concernant cette maladie est qu’elle n’est pas si facile à transmettre, seul un contact sang à sang peut propager la maladie (pas la salive ou les sécrétions malades) et que plusieurs piqûres de mouches sont nécessaires.

Il n’est donc pas nécessaire de se faire du mauvais sang au sujet de cette maladie, vous n’avez qu’à faire faire un test Coggins!