La dermite atopique: diagnostic et traitement

 

Test d’allergie cutanée

Le test d’allergie cutanée (test d’allergie intradermique, intradermoréaction) permet d’identifier la ou les substances de l’environnement auxquelles votre animal est allergique. Il consiste à injecter de très petites quantités de différents allergènes (environ 50 différents) et à évaluer, au cours des 30 minutes qui suivent les injections, les « réactions positives », c’est-à-dire la ou les substances auxquelles réagit votre animal.

Il faut, au préalable, raser une zone carrée sur le côté de votre animal pour faire le test (ne vous inquiétez pas, le poil repoussera dans les semaines à venir). Les injections, faites sous sédation, sont très bien tolérées par la majorité des animaux. Le sédatif généralement utilisé requiert que l’animal soit à jeûn le jour prévu pour le test d’allergie.

Afin de s’assurer que le test soit fiable, vous ne devez en aucun cas administrer :

  • tranquillisant ou Gravol® avant le test d’allergie
  • antihistaminiques depuis au moins 7 à 10 jours
  • cortisone pour au moins 2 à 3 semaines (comprimés ou pommades) ou 2 mois (injections) avant le test d’allergie.
  • Ces médicaments empêchent les réactions allergiques chez votre animal et risqueraient donc de rendre le test faussement négatif.

Des tests sérologiques sont également disponibles pour diagnostiquer la dermite atopique. Ces tests consistent tout simplement en une prise de sang qui sera acheminée à un laboratoire de diagnostic, lequel recherchera des anticorps contre certains allergènes. Malheureusement, ces tests sont généralement moins fiables et ne sont pas recommandés pour l’instant.

Quand faire le test

Avant de procéder au test d’allergie, il est primordial que les possibilités de folliculite bactérienne, de dermatite à levures, d’ectoparasites et d’allergie alimentaire soient exclues. C’est d’ailleurs pourquoi votre vétérinaire aura possiblement conseillé de faire préalablement un régime d’éviction avec une diète hypoallergène, un traitement antiparasitaire (même s’il n’a pas vu de parasites) et peut être même un traitement avec un antibiotique ou un antifongique. En effet, tout comme la dermite atopique, ces désordres peuvent causer beaucoup de prurit (démangeaisons) et s’ils n’ont pas été exclus préalablement, votre animal pourrait subir un test d’allergie qui s’avérerait négatif et inutile. Il est donc important de ne sauter aucune étape avant de procéder au test d’allergie, pour le bien-être de votre animal …. et de votre portefeuille !

En règle générale, un animal « atopique » débute ses allergies entre l’âge de 1 et 3 ans et il a tendance à développer une allergie contre plusieurs substances différentes. Si votre animal a moins de 2 ans lors des premières manifestations de l’allergie, il sera peut-être préférable de contrôler le prurit avec des traitements symptomatiques (en autant que les doses nécessaires soient raisonnables et sans effets secondaires) pendant quelques mois pour lui laisser le temps de développer « toutes ses allergies » avant de procéder au test d’allergie. On s’assurerait ainsi d’avoir une hyposensibilisation plus efficace et éviterait d’avoir à répéter le test d’allergie plus tard.

Chez les animaux manifestant des signes cliniques plus marqués durant l’été, le test d’allergie devrait avoir lieu de préférence à l’automne, après la saison des pollens, plutôt qu’avant, afin d’augmenter la performance du test ainsi que de laisser le temps à l’hyposensibilisation d’être efficace l’été suivant.

Traitement de la dermite atopique
Évitez les allergènes

Sans aucun doute, l’approche idéale de la dermite atopique est d’éviter l’allergène (c’est-à-dire la substance qui cause l’allergie chez votre animal), car ceci ne requiert aucun médicament et les symptômes disparaissent quand on élimine l’allergène. Ceci est toutefois rarement possible, car la plupart des allergènes provenant de l’environnement sont impossibles à éviter, à l’exception des plumes et de la laine peut-être. De surcroît, la plupart des animaux « atopiques » sont allergiques à plusieurs substances à la fois.

Traitement symptomatique

Ceci consiste à administrer des médicaments (cortisone, antihistaminique, Atopica, Apoquel, Omega-3) pour empêcher ou atténuer la réaction allergique. Ces médicaments ne guérissent pas l’allergie, ils ne font que prévenir ou en atténuer les symptômes, tant et aussi longtemps qu’ils sont administrés. Les inconvénients majeurs reliés à ce type de traitement sont:

  • Les effets secondaires (notamment la cortisone).
  • La fréquence d’administration. Celle-ci varie de 1 fois tous les 2 jours jusqu’à 3 fois par jour selon le médicament utilisé, et ce pour toute la vie de votre animal.
  • Le coût. Celui-ci est très variable selon le médicament prescrit et la dose requise (liée au poids de l’animal). Dans certains cas, le traitement à long terme peut s’avérer très coûteux.

La cortisone est très efficace pour contrôler les allergies, mais elle peut causer des effets secondaires sérieux si elle est utilisée à fortes doses et/ou pour de longues périodes. Les antihistaminiques et les omega-3 causent très peu d’effets secondaires, mais sont beaucoup moins efficaces. Dans certain cas il faut essayer 3 ou 4 antihistaminiques différents avant d’en trouver un efficace.

Quoiqu’il en soit, les traitements symptomatiques ont leur place dans le traitement de la dermite atopique:

  • Quand l’allergie ne dure que quelques mois par année (dermite atopique saisonnière).
  • Lorsque les symptômes sont contrôlés avec une très faible dose de cortisone ou si un antihistaminique et/ou omega-3 à prix abordable s’avèrent efficaces.
  • En attendant que l’hyposensibilisation devienne efficace. Durant cette période, il faudra trouver une dose/fréquence d’administration qui maintient votre animal confortable mais qui n’élimine pas complètement les démangeaisons. Ainsi, il sera possible de noter quand l’hyposensibilisation commence à faire effet.
  • Lorsqu’il est impossible de faire un test d’allergie ou d’hyposensibiliser votre animal, ou lorsque l’hyposensibilisation a été inefficace.
Hyposensibilisation (immunothérapie).

Il s’agit du traitement de choix pour la majorité des cas de dermite atopique. Une solution est produite à partir des allergènes ayant causé des réactions positives lors du test d’allergie. Initialement, des injections sont administrées à doses croissantes une fois par semaine pendant 7 semaines puis aux 2 semaines. Par la suite, ce sera la réponse de votre animal aux injections qui déterminera l’intervalle requis entre les injections (ou les « rappels »). Une dose de 0.5 à 1 ml de la bouteille la plus concentrée (20,000 pnu/ml) est généralement requise à toutes les 2 à 3 semaines.

Il s’écoule habituellement 3 à 12 mois avant que le prurit s’estompe. Les injections de rappels doivent être continuées pour toute la vie de votre animal même si le prurit a cessé sinon les symptômes reviendront et vous devrez redémarrer le programme d’hyposensibilisation.
Il faut aussi continuer les injections pendant un minimum de un an avant de se prononcer sur leur efficacité et toujours consulter votre vétérinaire avant de considérer mettre fin à l’hyposensibilisation (pour quelque raison que ce soit). Dans certains cas on réalise que l’allergie est bel et bien sous contrôle grâce aux injections mais que le prurit observé est maintenant attribué à une nouvelle cause (puces, infection de peau, etc.).

L’hyposensibilisation est efficace chez environ 75 % des animaux. Environ la moitié d’entre eux devront tout de même avoir recours à un traitement symptomatique, mais à une posologie moindre qu’avant l’hyposensibilisation.

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