Dermatite atopique chez le cheval: diagnostic et traitement

 

Service de dermatologie

1. Objectif du test d’allergie : produire un vaccin de désensibilisation spécifique à chaque animal

En règle générale, un cheval « atopique » a tendance à développer une allergie contre plusieurs substances environnementales différentes. L’âge moyen de présentation des symptômes est d’environ 6 à 7 ans.

Si votre animal a passé à travers les étapes préliminaires au test d’allergie (exclusion de l’allergie alimentaire et des parasites de la peau, et infections cutanées (folliculite bactérienne, dermatophilose, teigne, etc.) absentes ou traitées) et qu’il a l’âge requis (plus de 3 ans), il est alors possible de procéder au test d’allergie pour déterminer les allergènes (substances) de l’environnement qui lui sont nuisibles. Ces derniers seront inclus dans le vaccin de désensibilisation. Pour les patients ayant des allergies saisonnières (estivales), il est préférable d’attendre à l’automne, après la saison des pollens, pour procéder au test d’allergie.

Il est à noter que le test d’allergie évalue seulement les allergies environnementales (et non alimentaire). Le test d’allergie est recommandé si le cheval présente de l’urticaire pour plus de 6 semaines consécutives (urticaire chronique) et/ou s’il manifeste des démangeaisons sur plus de 3 à 6 mois par année. Il est également recommandé s’il y a absence de réponse aux traitements symptomatiques (antihistaminiques et/ou cortisone) ou si ces médicaments sont contre-indiqués. De plus, ce test pourrait être utile dans certains cas de maladie obstructive pulmonaire chronique.

Deux types de tests d’allergie :

 

  • Le test d’allergie intradermique: il s’agit du test de référence à l’heure actuelle et le plus recommandé. Il consiste à injecter près de 60 allergènes différents dans la peau de l’animal. Ce test permet de challenger directement l’organe malade, soit la peau. Pour ce faire, il faut raser une zone rectangulaire sur l’encolure droite du cheval afin de réaliser les injections intradermiques. Une sédation est requise. Afin de s’assurer de la fiabilité du test, le cheval doit être sevré de certains médicaments (voir section 4).
  • Le test d’allergie sérologique (sang): il est moins spécifique et moins fiable, car il recherche les anticorps dans le sang contre certains allergènes, plutôt que d’évaluer la peau en soi. Une prise de sang suffit afin de réaliser ce test. Afin de s’assurer des meilleurs résultats possibles, le cheval doit être sevré de certains médicaments (voir section 4).
2. Options thérapeutiques pour le contrôle de la dermite atopique

Comme il est très difficile d’éviter ou d’éliminer les allergènes de l’environnement auxquels votre animal est allergique, il faut souvent calmer les allergies avec des médicaments. Le vétérinaire peut combiner différentes options thérapeutiques pour atteindre le meilleur niveau de confort, avec le moins d’effets secondaires possibles, pour votre animal.

  • Vaccin de désensibilisation : il s’agit du seul traitement traitant les allergies. Le vaccin permet de désensibiliser votre animal vis-à-vis les allergènes auxquels il réagit.
  • Cortisone orale ou topique: très efficace dans le contrôle de la dermite atopique, elle a le désavantage de prédisposer à de nombreux effets secondaires. Ces effets secondaires peuvent être sérieux si la cortisone est utilisée à long terme et/ou à fortes doses.
  • Antihistaminiques : ils sont généralement très sécuritaires pour la santé de l’animal, mais ils ne sont efficaces que dans un faible pourcentage des cas.

Les traitements symptomatiques sont préconisés lorsque l’allergie ne dure que quelques mois par année, en attendant que le vaccin de désensibilisation prenne effet, lorsqu’il est impossible de procéder à un test d’allergie ou à une désensibilisation, ou lorsque le vaccin de désensibilisation s’est avéré inefficace.

Important : Il est à noter que les allergies affectent la santé de la peau. Ainsi, la peau est plus susceptible aux infections secondaires (bactériennes et/ou fongique). Il est essentiel de traiter ces infections, car les infections peuvent non seulement causer des lésions mais aussi amplifier les démangeaisons.

3. Vaccin de désensibilisation

Une fois les allergènes identifiés, un vaccin est fabriqué spécifiquement pour votre animal, en fonction des résultats positifs au test d’allergie. Le vaccin doit être administrée à la maison ou à l’écurie selon une cédule d’injection préétablie. Au départ, les injections sont plus rapprochées pour éventuellement être administrée à chaque 10 jours en entretien. Les doses sont croissantes sur environ 4 semaines pour atteindre une dose de maintien de 1ml aux 10 jours. Il s’écoule généralement entre 6 mois et 1 an avant d’être en mesure d’évaluer l’efficacité de cette thérapie. Efficace dans ~70% des cas, environ le tiers de ces patients devront tout de même avoir recours à un traitement contre les symptômes d’allergie, mais à une dose et/ou fréquence d’administration moindres qu’avant la désensibilisation. Une fois l’efficacité confirmée, le vaccin de désensibilisation doit être administré pour le restant de la vie de l’animal.

4. Sevrage requis des médicaments afin de procéder au test d’allergie

Certains médicaments doivent absolument être cessés afin de s’assurer de la fiabilité des tests d’allergie. Les médicaments suivants peuvent nuire aux réactions des tests d’allergie :

  • Les tranquillisants (e.g. acépromazine pour le transport) ne doivent pas être administrés 24 heures avant la procédure.
  • La cortisone sous toutes ses formes (pommades, comprimés oraux, injection de courte durée) ne doit pas avoir été administrée pour au moins 2 à 3 semaines avant de procéder au test d’allergie. Il doit s’écouler 2 mois avant de réaliser le test si une forme injectable longue action a été administrée.
  • Les antihistaminiques (e.g. hydroxyzine, Bénadryl®, Antihistamine powder®, etc.) doivent être cessés 7 à 10 jours avant de procéder au test d’allergie intradermique.

Mis à jour le 15 juillet 2020