Les mites de corps (Cheylétiellose)

 

La cheylétiellose (mites de corps, walking dandruff) est une affection parasitaire hautement contagieuse et relativement fréquente chez les chats, les chiens et les lapins québécois. Elle est causée par un acarien (mite) microscopique Cheyletiella sp.

Signes cliniques

Chez les animaux, les signes cliniques consistent en la présence de pellicules dorsales et de démangeaisons (prurit). Toutefois il est important de noter que cette infestation peut être asymptomatique, en particulier chez les chats et les chiens adultes. La cheylétiellose est très contagieuse, ce qui explique l’incidence accrue chez les jeunes animaux provenant de chatteries, de chenils et d’animaleries.

Chez l’homme, une zoonose (maladie transmise de l’animal à l’humain) est présente dans près de 50 % des cas de cheylétiellose. On retrouve alors des papules prurigineuses en nombre variable sur la face antérieure du tronc, sur la face interne des bras et des avant-bras. Heureusement, il s’agit d’une « impasse parasitaire » puisque les cheylétielles ne peuvent élire domicile de façon permanente chez l’humain et s’y reproduire.

Diagnostic

Le diagnostic de cheylétiellose repose principalement sur l’anamnèse (démangeaisons, contagiosité, zoonose), les signes cliniques et l’examen microscopique de débris cutanés (prélevés au moyen d’un ruban gommé, d’un raclage ou d’un peigne à puce). Toutefois, malgré l’utilisation de techniques diagnostiques des plus fiables, les prélèvements cutanés sont négatifs chez plus de la moitié des animaux infestés. Afin de confirmer ou d’exclure le diagnostic de cheylétiellose, le vétérinaire devra procéder à un « essai thérapeutique » avec un produit acaricide chez l’animal soupçonné d’être à l’origine du problème – ainsi que chez tous les animaux en contact – et ce, même si seulement un humain présente des lésions cutanées évocatrice de la cheylétiellose.

Traitement de l’animal

Plusieurs produits antiparasitaires (certains produits antipuces, ivermectin, selamectin, bouillie soufrée, etc.) sont efficaces contre les cheylétielles, en autant que ces traitements soient administrés à intervalles réguliers, selon les recommandations de votre vétérinaire, pour que l’effet insecticide persiste sur une période minimale de six semaines. De plus, puisque ces acariens peuvent survivre plusieurs jours dans l’environnement, on préconise l’utilisation d’un produit antiparasitaire à effet rémanent dans la maison lorsque plusieurs animaux sont infestés ou lorsque les signes cliniques sont importants chez l’animal ou son propriétaire.

Traitement de l’humain

Aussitôt que tous les parasites présents sur les animaux et dans la maison auront été tués, il n’y aura plus de nouvelles piqûres chez les humains. Il est donc inutile, lors de zoonose, de traiter un humain avec un produit araricide. Les piqûres déjà présentes disparaîtront en une à trois semaines. Une consultation chez votre dermatologue sera néanmoins nécessaire si vos lésions persistent.

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