Une collaboration entre l’École de technologie supérieure (ÉTS), l’Aquarium du Québec et la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal

Montréal, le 28 octobre 2020.  L’impression 3D ouvre de nouveaux horizons, et les animaux en bénéficient, comme en fait foi une intervention réalisée sur un morse de l’Aquarium du Québec.  Grâce à cette technologie, une femelle morse de 4 ans, pesant plus de 400 kg, a pu obtenir une couronne de défense en moins de 5 minutes, et ce, sans être anesthésiée.  Cette intervention a pu être réalisée grâce aux expertises de Vladimir Brailovski, professeur-chercheur en génie mécanique à l’École de technologie supérieure (ÉTS), Dre Claire Grosset, professeure en médecine zoologique à l’Université de Montréal (UdM) et vétérinaire à l’Aquarium du Québec ainsi que du Dr Yvan Dumais, clinicien-enseignant en dentisterie vétérinaire à l’Université de Montréal.

Les morses font partie des espèces dont le statut de conservation est préoccupant au Canada. C’est la raison pour laquelle quatre d’entre eux sont hébergés à l’Aquarium de Québec. L’institution zoologique veille à assurer leur reproduction et à sensibiliser le public à leur situation précaire en milieu naturel. En institution zoologique, il est crucial de prévenir les lésions des défenses, qui peuvent conduire à des abcès dentaires.

En effet, comme le signifie son nom latin Odobenus rosmarus, le morse est un animal qui « marche sur ses dents » et qui s’appuie sur ses défenses pour se hisser hors de l’eau. « Si ce comportement n’est pas un problème dans un milieu naturel composé de glace et de terre, il en va autrement dans un habitat pourvu de béton, de métal et d’autres matériaux choisis pour résister à ces animaux atteignant plus d’une tonne », explique Claire Grosset.

Pour prévenir les fractures et les fissures des défenses de ces mammifères, les spécialistes en médecine vétérinaire recommandent de protéger leurs défenses par des couronnes métalliques – appelées caps – qui sont conçues sur mesure. Cette technique permet d’éviter une extraction des défenses, qui est plus invasive pour l’animal.

Comme l’impression 3D n’avait jamais été utilisée pour concevoir des couronnes pour ces animaux et que les métaux entrant dans leur fabrication varient d’une institution à l’autre, l’équipe devait non seulement déterminer le type de métal qui convenait le mieux à cette technique, mais aussi choisir celui qui avait la meilleure résistance aux frottements répétitifs et à la compression. Qui plus est, ce métal ne devait pas s’oxyder dans l’eau salée.

« Nous avons finalement choisi le cobalt-chrome, un alliage disponible pour l’impression 3D. Il s’agit d’un alliage biocompatible, dur et résistant à l’abrasion », explique le professeur Brailovski. Pour veiller à ce que la couronne se fixe parfaitement à la défense du morse, le professeur Brailovski et ses étudiants, Anatolie Timercan et Morgan Letenneur, ont fabriqué trois couronnes, dont chacune permettait un jeu variant de 0,25 à 0,45 millimètres entre la dent et la couronne. Le vétérinaire pouvait donc choisir celle qui convient le mieux au morse : un espace trop grand entre la dent du morse et la couronne affaiblirait la prise de la colle, tandis qu’un espace trop petit empêcherait la couronne de bien s’enfoncer sur la dent.  Cette précaution visait à pallier les erreurs qui auraient pu survenir entre les différentes étapes, allant de la prise de l’empreinte de la dent jusqu’à l’installation de la couronne, en passant par la numérisation du modèle de la dent à l’aide d’un scanneur laser 3D.

Outre la fabrication de la couronne, il fallait aussi trouver une solution pour installer la couronne sur la dent du morse sans avoir à l’anesthésier, car le taux de mortalité anesthésique est particulièrement élevé pour cette espèce. Ainsi, durant plusieurs mois, le morse a été entraîné 3 à 4 fois par jour en vue d’augmenter sa capacité à rester immobile. Pour y arriver, l’entraîneur récompensait chacune de ses périodes d’immobilité – qui devenaient de plus en plus longues – par un aliment que celui-ci appréciait. La stratégie a bien fonctionné : le morse est resté immobile durant 5 minutes. La relation de confiance que l’entraîneur a réussi à établir avec le morse a fait toute la différence.

 

À propos de l’ÉTS

L’École de technologie supérieure est l’une des dix constituantes de l’Université du Québec. Elle forme des ingénieurs et des chercheurs reconnus pour leur approche pratique et innovatrice, le développement de nouvelles technologies et leur aptitude à transférer leurs connaissances en entreprise. Près d’un ingénieur sur quatre au Québec obtient son diplôme de l’ÉTS, qui compte 11 000 étudiants, dont 2 650 aux cycles supérieurs. Spécialisée dans la formation appliquée et la recherche en génie, elle entretient un partenariat unique avec le milieu des affaires et l’industrie. Pour en savoir plus, visitez : etsmtl.ca.

À propos de l’Aquarium du Québec

 

L’Aquarium du Québec est une institution vouée à la mise en valeur et à la conservation d’espèces animales et de leur environnement, à la diffusion de connaissances à ce sujet et à la compréhension des liens qui nous y unissent. Il propose à ses visiteurs une expérience enrichissante et récréative. Il fait également partie de l’association des zoos et aquariums accrédités du Canada (AZAC). 

À propos du Centre hospitalier universitaire vétérinaire de l’Université de Montréal 

Le Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de la Faculté de médecine vétérinaire, situé à Saint-Hyacinthe, est un centre médical unique qui reçoit jusqu’à 24 000 visites chaque année. Offrant un service continu 24 heures sur 24 et 365 jours par année, le CHUV est composé de médecins vétérinaires spécialisés considérés comme des experts dans leurs domaines respectifs. Ces professionnels, appuyés par un personnel technique hautement qualifié, ont accès à de l’équipement de pointe, permettant ainsi au CHUV d’offrir une vaste gamme de services spécialisés uniques aux médecins vétérinaires et aux propriétaires d’animaux de compagnie.  http://chuv.umontreal.ca