Polyomavirus

 

Quels oiseaux sont les plus à risque? 

La maladie se manifeste principalement chez les nouveau-nés de 2 à 4 semaines. En fait, toutes les espèces de perroquets et les oiseaux de tout âge sont susceptibles d’être infectés, mais tous ne tombent pas malades.

 

Quelle est la période d’incubation? 

Chez les perruches, la période d’incubation est très courte, soit 10 à 15 jours. Chez les psittacidés autres que les perruches, la période d’incubation est soupçonnée de varier entre 2 et 14 jours. Les oiseaux commencent à passer le virus dans leurs fientes 2 à 7 jours après avoir été infectés.

 

De quoi a l’air un oiseau infecté par le polyomavirus? 

Perruches

Chez les perruches, l’infection au polyomavirus est aussi connue sous le nom de « maladie du sevrage chez les perruches« . 30 à 100% des oiseaux de moins de 15 jours meurent soudainement. Les autres peuvent développer des hémorragies au niveau de la peau et des plumes, un abdomen distendu et des plumes de duvet et de contour anormales. 10% des oisillons affectés vont aussi avoir des signes neurologiques (tremblement, incoordination). Les oisillons infectés après l’âge de 15 jours, et ceux de moins de 15 jours qui survivent, peuvent développer un plumage anormal (impossible à distinguer de la maladie du bec et des plumes des psittacidés): plumes de contour sur la tête qui ne s’ouvrent pas, pas de duvet sur le ventre et sur le dos, plumes difformes au niveau des ailes et de la queue. Les survivants développent un plumage normal à leur prochaine mue (contrairement aux oiseaux infectés par le virus de la maladie du bec et des plumes des psittacidés).

Autres psittacidés

Les oiseaux de 14 à 150 jours nourris à la main sont les plus susceptibles. Les Aras, les Conures, les Éclectus et les Perruches à collier sont les plus à risque. Les infections asymptomatiques sont très communes. Toutefois, les oisillons peuvent mourir subitement ou décéder après 12 à 48 heures d’abattement, de stase du jabot, de régurgitation, de diarrhée et d’hémorragies sous la peau et au niveau des plumes. Les Éclectus présentent souvent du sang dans leur urine. Les adultes infectés peuvent avoir des signes neurologiques, surtout les Cacatoès. Contrairement aux perruches, les anomalies au niveau des plumes sont rares chez les autres perroquets.

Passériformes

La maladie n’est pas aussi commune chez les passériformes, mais des mortalités soudaines peuvent se produire chez les oisillons et les jeunes adultes. Les oisillons sevrés peuvent développer des plumes anormales et de longs becs tubulaires.

 

Comment le polyomavirus est-il transmis? 

Les oiseaux s’infectent en inhalant ou ingérant le virus excrété dans les fientes, les sécrétions du jabot, la poudre de plumes ou les sécrétions respiratoires des oiseaux infectés. Comme les psittacidés autres que les perruches ne développent pas de lésion au niveau des plumes, on croit que la transmission via la poudre de plumes est moins importante chez ces espèces. La transmission aux oisillons dans l’oviducte ou à travers l’oeuf a été documentée chez les perruches uniquement. Les objets ou les personnes en contact avec les oiseaux peuvent aussi servir de vecteur pour le virus.

Les perruches, les Inséparables et les Perruches calopsittes sont soupçonnés d’être responsable de la dissémination du virus dans bien des cas d’épidémie de polyomavirus. Souvent, les Inséparables ne présentent pas de signes cliniques avant qu’ils soient de jeunes adultes et les Perruches calopsittes ont rarement des signes de maladie.

 

Qu’arrive-t-il aux oiseaux qui survivent à l’infection? 

Les perruches peuvent développer des plumes anormales et des troubles neurologiques. Elles demeurent  infectées de façon latente (demeurent porteuses du virus) et excrètent le virus de façon intermittente.

La plupart des autres psittacidés ne développent pas de signes cliniques et produisent des d’anticorps contre le virus. Les infections latentes sont fortement suspectées. Les oiseaux avec des infections latentes excrètent le virus de façon intermittente surtout en période de stress (changement de diète ou de température, saison de la reproduction, maladies concomitantes). Ces oiseaux sont probablement responsables de l’initiation d’un cycle d’infection et permettent aux virus de se propager d’un oiseau à l’autre.

 

Comment peut-on diagnostiquer le polyomavirus chez les psittacidés? 

Il y a deux sortes de test qui peuvent être utilisés:

1) Test qui détecte l’ADN du virus

Un test d’ADN peut être utilisé pour identifier les oiseaux qui passent le virus dans leurs fientes. Le virus peut aussi être détecté dans le sang. Si l’ADN du polyomavirus est détecté dans les fientes, il est recommandé de retester votre oiseau 90 jours plus tard. Votre oiseau peut excréter le virus seulement de façon transitoire. S’il est de nouveau positif, votre oiseau doit être considéré comme un porteur chronique. Un seul test négatif ne veut pas dire que votre oiseau n’a pas le polyomavirus. Cela veut tout simplement dire que le virus n’était pas excrété au moment du test.

2) Test qui détecte les anticorps contre le virus (sérologie)

Un taux d’anticorps qui augmente de façon significative en deux semaines confirme l’infection. Un seul test négatif ne veut pas dire que votre oiseau n’est pas infecté. Il peut avoir été infecté il y a très longtemps et son taux d’anticorps est devenu inexistant ou il peut ne pas avoir encore développé des anticorps (très rare chez les psittacidés autres que les perruches). Un seul test positif signifie que votre oiseau a été infecté par le virus dans le passé. La présence d’anticorps n’est pas utile pour déterminer si votre oiseau excrète le virus et peut être une source d’infection pour d’autres oiseaux

 

Que faire si un ou des psittacidés sont positifs pour le polyomavirus? 
  • Isoler le ou les oiseaux positifs. Un test positif n’est pas une raison d’euthanasier l’oiseau. Retester cet oiseau dans 90 jours. Il a peut-être une infection transitoire. S’il est toujours positif, cet oiseau ne devrait pas avoir de contact direct ou indirect avec de jeunes oiseaux.
  • Isoler les oiseaux exposés à l’oiseau positif et les tester 90 jours plus tard. Si l’oiseau est positif, cet oiseau ne devrait pas avoir de contact direct ou indirect avec de jeunes oiseaux.
  • Laver et désinfecter. Le polyomavirus est un virus stable et très résistant dans l’environnement. Il n’est pas inactivé par la chlorhexidine (Hibitane) et partiellement inactivé par les désinfectants à base d’iode ou ammonium quaternaires. L’eau de Javel, les désinfectants à base de phénol, d’éthanol ou contenant des dioxydes de chlore stabilisé (Oxyfresh®) sont efficaces pour tuer le virus.

 

Comment prévenir ou contrôler le polyomavirus chez les perroquets? 

Vaccin

Un vaccin inactivé était disponible par la compagnie « Biomune », mais ce dernier a été retiré du marché.

Bonnes pratiques d’élevage

Toute nouvelle acquisition ou tout oiseau qui participe à des expositions devrait être gardé en quarantaine 60-90 jours. Les soins de ces oiseaux devraient être assurés par une personne qui ne s’occupe pas des autres oiseaux. Si cela n’est pas possible, ces oiseaux devraient être traités en dernier.

  • Gardez les petits oiseaux (perruches, Calopsittes, Inséparables, Conures) séparément des gros perroquets.
  • Minimisez le nombre de visiteurs dans votre collection et n’autorisez pas la visite de la pouponnière.
  • Une personne différente devrait s’occuper des adultes et de la pouponnière.
  • La pouponnière ne devrait pas être près de l’endroit où la nourriture est préparée ou entreposée.
  • Si vous nourrissez à la main, regroupez les oisillons par couvée, utilisez des instruments différents pour chaque oiseau ou couvée, ne retournez jamais un instrument qui vient d’être utilisé dans un bol de nourriture commune, lavez et désinfectez les ustensiles entre chaque gavage, gardez les adultes et les juvéniles séparément, ne retournez jamais un oiseau qui a quitté la pouponnière à l’intérieur de celle-ci, nettoyez et désinfectez la pouponnière régulièrement, évitez de vendre des oiseaux qui ne sont pas sevrés.
  • Désinfectez rigoureusement tout équipement (incubateur, contenant, etc.) que vous entrez dans la pouponnière.

Perruches

  • Le fait d’interrompre la reproduction pendant une période de 7 mois en combinaison avec le nettoyage et la désinfection de la volière a été efficace dans certains cas pour éliminer les mortalités néonatales causées par le polyomavirus.
  • Une autre technique consiste à garder seulement les adultes reproducteurs âgés, car ces derniers excrètent le virus moins souvent et en moins grande quantité que les jeunes adultes. Il semble que les perruches adultes continuellement utilisées pour la reproduction cessent d’excréter le virus tout simplement.

 

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