Les dermatozoonoses parasitaires

 

Les zoonoses (maladies transmissibles des animaux aux humains) causées par les parasites cutanés du chien et du chat sont assez fréquentes chez l’homme. Parmi les dermatozoonoses plus communes, citons les puces, la cheylétiellose et la gale sarcorptique canine. Plus rarement, les acariens des volailles et des oiseaux sauvages Dermanyssus sp. peuvent être en cause.

Les ectoparasites des animaux susceptibles de causer une zoonose ont plusieurs points en commun. Ces parasites sont généralement très contagieux entre les congénères de la même espèce (p. ex. sarcoptes canin) ou entre différentes espèces animales (p. ex. puces et cheyletielles). Une zoonose peut être observée dans près de 50 % des cas, qu’il s’agisse des puces, de cheylétielles ou des sarcoptes canins.

Les lésions chez l’humain sont semblables quel que soit le parasite en cause. Elles consistent en un nombre variable de papules urticariennes compatibles avec des piqûres d’insectes ou d’acariens. Par contre, la localisation des lésions peut varier selon le parasite en cause. Toutefois, ces parasites ne restent pas sur l’humain et ne peuvent s’y reproduire et compléter leur cycle. Il s’agit donc d’une « impasse parasitaire ». Ainsi, il est improbable, voire impossible, d’isoler ces parasites chez l’humain.

Les puces

Les infestations aux puces sont très fréquentes chez les mammifères et Ctenocephalides felis est l’espèce la plus communément identifiée chez les chats, chiens, furets et lapins. La confirmation du diagnostic est rarement problématique, car les puces (1-4 mm) et/ou leurs déchets sont visibles à l’œil nu. Les piqûres de puces chez l’humain allergique à ce parasite sont observées principalement aux chevilles et aux jambes.

La cheylétiellose

La cheylétiellose (mites de corps) est une affection parasitaire relativement fréquente chez les chats, les chiens et les lapins québécois. Elle est causée par un acarien (Cheyletiella sp.), de 0,3-0,5 mm qui vit en surface de la peau mais qui peut aussi survivre plusieurs jours dans l’environnement. Vu leur contagiosité, on observe une incidence accrue chez les jeunes animaux provenant de chatteries, de chenils et d’animaleries. Les signes cliniques se caractérisent par des pellicules dorsales et des démangeaisons. Toutefois, cette infestation peut être asymptomatique, en particulier chez les chats et les chiens adultes.

Les lésions zoonotiques chez l’humain sont retrouvées principalement sur la face antérieure du tronc, sur la face interne des bras et des avant-bras et même, à l’occasion, au visage par exemple, si le chat infesté se couche sur l’oreiller de son propriétaire.

La gale sarcoptique canine

Comme son nom l’indique, ce parasite est spécifique au chien, ne manifestant généralement pas de contagiosité au chat ou autres mammifères domestiques. Les signes cliniques chez le chien consistent en des démangeaisons intenses et une dermatite ayant comme sites de prédilection les oreilles, les coudes, les jarrets et l’abdomen. Chez l’homme, les lésions causées par les piqûres de sarcoptes canins sont à peu près identiques à celles causées par les cheylétielles. Toutefois, le diagnostic de « gale sarcoptique canine » est souvent plus facile à poser, puisque ces parasites ne proviennent que du chien et causent toujours un prurit intense chez celui-ci.

Les acariens des volailles et oiseaux sauvages (faux poux rouges)

Il s’agit d’un acarien visible à l’œil nu (1 mm) qui prend une couleur rougeâtre lorsque gorgé de sang. Il parasite principalement les oiseaux, mais occasionnellement, il peut infester divers mammifères, notamment l’homme, à l’occasion d’un passage dans un poulailler ou lorsque des oiseaux infestés viennent nicher près des habitations.

La trombiculose (acariens des moissons)

Le stade parasitaire de cet acarien est une larve orangée mesurant 0,5 mm. Même si les animaux et les humains peuvent être affectés, il ne s’agit pas d’une vraie zoonose. Les lésions cutanées sont toutefois souvent confondues avec certaines zoonoses parasitaires, en l’occurrence les puces.

Les acariens adultes (1 mm) vivent libres dans le milieu extérieur où ils se nourrissent de végétaux et d’invertébrés. La ponte se réalise directement dans le sol. Seules les larves sont parasites. Elles sont actives en été et en automne dans les jardins et les prairies. Les larves grimpent sur les brins d’herbe et de là, se fixent sur des mammifères. Il s’agit de parasites peu spécifiques, qui peuvent infester le chien le chat, le bétail, mais aussi l’homme. La larve reste à la surface de la peau, mais y enfonce ses pièces buccales pour se nourrir. Après un unique repas de 3 à 4 jours, la larve gorgée se laisse retomber sur le sol et mue en nymphe puis en adulte.

Chez l’homme, des papules prurigineuses et, à l’occasion, des lésions vésiculeuses, peuvent être observées principalement sur les jambes, évoquant des piqûres de puces. Une promenade récente à la campagne devrait évoquer ce diagnostic. Les larves, qui sont facilement reconnaissables par leur coloration orangée, peuvent être identifiées à l’aide d’un examen microscopique.

Confirmation d’un diagnostic de zoonose

Dans le but de confirmer le diagnostic d’une zoonose, votre vétérinaire tentera d’isoler le parasite à l’aide d’une ou de plusieurs procédures diagnostiques (examen microscopique de débris cutanés prélevés au moyen d’un ruban gommé, d’un raclage ou d’un peigne à puce). Malgré l’utilisation de procédures diagnostiques des plus fiables, les prélèvements cutanés sont négatifs chez plus de la moitié des animaux infestés, à l’exception des puces, pour lesquelles la pose du diagnostic est moins problématique.

Afin de confirmer ou d’exclure un diagnostic de zoonose, le vétérinaire devra souvent procéder à un « essai thérapeutique » avec un produit antiparasitaire chez l’animal soupçonné d’être à l’origine du problème – ainsi que chez tous les animaux en contact – et ce, même si seulement un humain présente une dermatite évocatrices de zoonose.

Traitement de l’animal

On préconise l’utilisation de produit antiparasitaire, insecticide et/ou acaricide selon le cas. Plusieurs produits antiparasitaires (p. ex. Advantage Multi®, Révolution®) sont efficaces contre la plupart des parasites responsables de zoonoses. Ces traitements doivent être administrés à un intervalle et pour une durée spécifique selon le parasite soupçonné, le nombre d’animaux et les espèces animales impliqués.

Si le parasite en cause n’est pas spécifié, il est préférable de traiter tous les animaux en contact. De plus, l’utilisation d’un produit antiparasitaire à effet rémanent dans l’environnement (ex. spray antipuce à base de pyréthrine ou de perméthrine) sera souvent recommandée. Par contre, si un diagnostic de gale sarcoptique canine est confirmé ou fortement soupçonné, seulement les chiens en contact nécessiteront un traitement.

Traitement de l’humain

Aussitôt que tous les parasites présents sur les animaux et dans la maison auront été détruits, qu’il s’agisse de cheylétielles, de sarcoptes, de puces ou de Dermanyssus sp., il n’y aura plus de nouvelles piqûres chez les humains. Il est donc inutile, lorsqu’il s’agit de zoonose, de traiter un humain avec un produit antiparasitaire. Les piqûres déjà présentes disparaîtront en une à trois semaines. Une consultation chez votre dermatologue sera néanmoins nécessaire si vos lésions persistent.

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